Les monnaies nationales

Monnaie

C'est quoi la monnaie ?

L'unité monétaire de référence dans GnooDiplo est le millier d'euros (K€). Par défaut, tous les pays utilisent l'euro comme monnaie internationale : toutes les transactions nationales et internationales se font en euros.

Chaque pays peut décider d'adopter ou non une monnaie nationale, dont le cours sera indexé sur la monnaie de référence internationale qu'est l'euro. Attention cependant : si un pays peut choisir une monnaie nationale à tout moment de la partie, une fois qu'il a abandonné l'euro, il ne peut plus y revenir.

Si le pays garde l'euro comme monnaie, rien ne change pour lui : ses transactions se feront toujours en euros. Il est fortement conseillé à tous les nouveaux joueurs de garder l'euro le temps de bien comprendre les différents aspects du jeu, et en particulier de mesurer la complexité de ces questions de change.

S'il décide malgré tout d'adopter une monnaie nationale spécifique, il va devoir faire plusieurs choix :

  • tout d'abord, trouver un nom et un sigle à cette monnaie ;
  • ensuite, choisir le cours de départ de sa monnaie, dans une fourchette comprise entre 95 % et 105 % du cours de l'euro.

C'est quoi le cours de la monnaie ?

Ce cours détermine la valeur de la monnaie par rapport à l'euro. Par exemple, pour une monnaie X d'un pays A valant 95 % de l'euro, 1 X sera égal à 0,95 €. À l'inverse, pour une monnaie Y d'un pays B valant 105 % de l'euro, 1 Y sera égal à 1,05 €.

Ce qui se paie en monnaie nationale, ce qui se paie en euros

En monnaie nationale En euros (après conversion automatique selon le cours)
Gains et dépenses nationales : impôts et taxes locales, construction d'infrastructures, politiques intérieures, coûts de maintenance des unités et des infrastructures… Gains et dépenses liés à des actions internationales : ratification de traités, alliances, achat et vente de ressources, participation au financement de l'ONU, transferts de fonds…

Ainsi, les pays A et B paieront respectivement 2000 kX et 2000 kY pour construire un port de pêche. Mais le coût ramené en euros ne sera pas le même pour les deux pays :

  • A a payé 2000 kX la construction de son port de pêche. Or 1 X = 0,95 €. A a donc payé 1900 k€ pour son port de pêche.
  • B a payé 2000 kY, et 1 Y = 1,05 €. B a donc payé 2100 k€ pour son port de pêche.

A a finalement payé son port de pêche moins cher. Mais à l'inverse, si A et B gagnent respectivement 5000 kX et 5000 kY en impôts chaque trimestre, A ne gagnera en réalité que 4750 k€ tandis que B gagnera 5250 k€.

Le commerce international

Sur le plan international, en revanche, les transactions se font dans la monnaie de référence, c'est-à-dire l'euro. Un pays avec une monnaie différente devra donc convertir sa monnaie en euros. Notez que cette conversion est automatique.

Reprenons nos pays A et B, qui veulent maintenant faire un peu de commerce. A est un gros producteur de pétrole mais manque cruellement de viande ; par chance, il a pu s'entendre avec B, qui est dans la situation inverse : il produit beaucoup de viande mais a besoin de pétrole. A vendra donc son pétrole à B, tandis que B vendra sa viande à A.

Mais A ne peut pas acheter la viande de B dans sa monnaie nationale (le X) : il doit convertir ses X en euros, qui seront à leur tour convertis pour arriver dans la caisse de B dans sa monnaie nationale (le Y). Il en va de même pour B.

Pour l'exemple, nous prendrons des prix tels qu'une unité de viande = une unité de pétrole = 100 k€. Dans la pratique, c'est rarement le cas, le pétrole étant bien plus rare que la viande, mais cela va nous permettre de comparer ensuite les avantages et inconvénients de la valeur de la monnaie. Toujours pour l'exemple, A achètera 10 unités de viande à B, et B achètera 10 unités de pétrole à A.

Le pétrole est vendu en premier. A place ses 10 unités de pétrole sur le marché ; elles ont donc une valeur de 1000 k€. Pour les acheter, B doit convertir ses Y en euros. Comme 1 Y = 1,05 €, pour obtenir 1000 k€ et acheter les 10 unités de pétrole de A, B devra débourser 1000/1,05, soit environ 952,38 kY, tandis que A recevra 1000/0,95, soit environ 1052,63 kX.

La viande est vendue ensuite ; les calculs étant les mêmes, voici directement les résultats. B place ses 10 unités de viande sur le marché, d'une valeur de 1000 k€. Pour les acheter, A paiera 1052,63 kX. B recevra quant à lui 952,38 kY.

Dans cet exemple, les achats et ventes de A et B s'équilibrent. Néanmoins, il ne faut pas oublier que du fait de sa monnaie faible, A produit à moindre prix que B. Mettons que A et B paient respectivement 10 kX et 10 kY pour produire une unité d'une même ressource dont ils disposent tous les deux (exemple fictif). Ramené en euros, A paiera en fait 9,5 k€, alors que B paiera 10,5 k€ pour produire la même chose. Il en va de même pour les coûts de stockage, plus importants pour B que pour A.

La différence de 1 k€ peut sembler négligeable, mais multipliée par le nombre d'unités produites et ajoutée aux coûts de stockage, elle peut influer sur les prix pratiqués par A et B. A pourra se permettre de vendre moins cher, tandis qu'au même prix, B ne rentabilisera pas sa production. B devra donc augmenter ses prix.

Autre exemple : les transferts de fonds, qui se font également en euros. Si A veut envoyer 2000 k€ à B, A devra débourser 2100 kX et B ne recevra que 1900 kY. Alors que si c'est B qui veut envoyer 2000 k€ à A, B n'enverra en fait que 1900 kY, alors que A recevra 2100 kX. B peut donc plus facilement envoyer de l'argent à d'autres pays.

NB : les montants de ce dernier exemple sont approximatifs : au cours exact, 2000 k€ correspondent à environ 2105 kX (2000/0,95) et à environ 1905 kY (2000/1,05). Le principe reste le même.

Du coup, c'est quoi le mieux ?

Dans l'exemple étudié, A a ce qu'on appelle une monnaie faible, alors que B a une monnaie forte. Une monnaie est faible quand son cours est inférieur à celui de l'euro (ici, X vaut 95 % de l'euro). Au contraire, une monnaie est forte quand son cours est supérieur à celui de l'euro (ici, Y vaut 105 % de l'euro).

Au niveau national, la valeur de la monnaie est peu importante car, comme nous l'avons vu, si A paie ses infrastructures moins cher que B, il tire aussi moins de ses impôts que B.

Au niveau international, en revanche, la valeur de la monnaie est bien plus importante. Si A n'avait pas eu besoin de viande et que B voulait quand même son pétrole, A aurait été uniquement exportateur et B uniquement importateur. Dans ce cas, A aurait gagné 1052,63 kX et B aurait payé 952,38 kY. Et si B n'avait pas eu besoin de pétrole mais que A voulait toujours sa viande, les rôles auraient été inversés : B aurait gagné 952,38 kY et A aurait payé 1052,63 kX. De même, comme vu précédemment, A produira à moindre coût et pourra se permettre de pratiquer des prix moins élevés que B via les tarifs préférentiels.

NB : les bureaux de change de GnooDiplo ont décidé, par pure générosité, de ne pas prendre de commission sur les conversions.

Ces deux exemples montrent clairement les avantages et inconvénients d'une monnaie forte et d'une monnaie faible :

  • une monnaie faible, telle que celle de A, gagne plus de ses exportations, mais paie plus cher ses importations ;
  • à l'inverse, une monnaie forte comme celle de B peut importer à moindre coût, mais exporter lui rapportera moins.

Génial ! Comment je fais alors pour faire varier le cours de ma monnaie ?

L'évolution naturelle du cours

Le cours d'une monnaie nationale dépend de la différence :

taux de croissance de l'économie du pays − taux de croissance de l'économie mondiale

Prenons pour exemple un pays C avec une monnaie nationale Z qui a la même valeur que l'euro au trimestre 10. Au trimestre 11, le score économique du pays est passé de 2000 à 2100. Son taux de croissance est donc de ((2100 − 2000) / 2000) × 100 = 5 %.

Dans le même temps, le taux de croissance mondial, c'est-à-dire :

((somme des scores économiques de tous les pays au trimestre 11 − somme des scores économiques de tous les pays au trimestre 10) / somme des scores économiques de tous les pays au trimestre 10) × 100

est de 3 %.

La différence entre le taux de croissance de C et le taux de croissance mondial est positive. Le cours de Z augmentera donc par rapport à l'euro, et 1 Z vaudra plus que 1 €. Si au trimestre 12, le taux de croissance économique de C est inférieur au taux de croissance mondial, la valeur du Z baissera par rapport à l'euro.

S'y ajoute une force de rappel vers l'euro : la moyenne des cours de l'ensemble des monnaies par rapport à l'euro influe aussi sur l'évolution de chacune d'elles. Si cette moyenne est plus faible que l'euro, la valeur des monnaies augmentera naturellement pour se rapprocher de celle de l'euro. Inversement, si la moyenne des monnaies est supérieure à l'euro, la valeur des monnaies aura naturellement tendance à baisser.

Dévaluer ou réévaluer volontairement

Un pays peut également faire varier lui-même la valeur de sa monnaie, indépendamment de sa croissance et de la croissance économique mondiale :

Opération Effet Coût
Dévaluation −1 % du cours de la monnaie par rapport à l'euro 1 % du score politique par point de baisse
Réévaluation +1 % du cours de la monnaie par rapport à l'euro l'équivalent de son score économique en k€ par point de hausse — attention, la somme est payée en euros, et non dans la monnaie nationale

En conclusion

La monnaie nationale, en plus de contribuer au RP d'un pays, permettra au joueur avisé de maximiser ses bénéfices suivant le profil (exportateur ou importateur) de son pays. L'outil n'étant pas des plus simples, le joueur qui ne comprend pas tout peut aussi rester en euros sans être pénalisé : c'est encore le plus prudent.

Article d’origine : GnooDiplo‑JOL.